01.09.2008
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Ca y est les dés sont jetés, la roue a tourné, le papou a papaouté et yéyane est rentrée.
Comment te dire mon ami, être prof en été, c’est un peu comme être rentier, bon en moins mirobolant, mais quand même.
Tu passes ton temps à l’apéro pisque tu sais que demain t’auras encore de quoi acheter du jaune et du sausse. Tu glougloutes tranquillement dans l’eau en te demandant si tu as le goût de faire une partie de tarot ou plutôt un tour à vélo en fin d’aprème et tu ne paniques pas pisque tu sais que demain tu pourras faire l’activité que tu n’as « pas eu le temps » de faire aujourd’hui.
Un vrai vie de privilégié quoi ! Enfin ne t'inquiète pas car si le rentier n'est pas prêt de disparaître, le prof va bientôt devenir un espèce en voie de disparition, répertoriée et protégée par WWF. Un peu comme le panda tu vois. On fera des peluches de prof qu'on vendra chez Nature et Déconnade pour des sommes pharaoniques qui seront reversées à la fondation et permettront de nourrir et entretenir quelques spécimens dans un zoo. Et pi quand ils seront morts, ben on les empaillera, là !
Bref, c’est comme ça que j’ai passé mes vacances, non pas traquée comme une tigresse du Bengal, mais plutôt détraquée destructurée, en road trip avé la limo-106. Telle Paris Hilton, je me la suis pété sur la plage avec mon téléphone portâââble : "allo ma chérie, j'arrive chez toi dans deux heures. Je suis à Balaruc, tu es à Saint Jean Pied de Porc... et alors ?! ". Bon ce n'est pas exactement le même niveau de glamour, mais moi j'ai eu pour luxe ma liberté... Paris peut-elle en dire autant ?
Enfin, je précise au cas où tu aurais des doutes, Yéyane a l’air gourde comme ça, mais ça ne l’empêche pas d’avoir des amis – tsé, des vrais avec des bras et tout et tout !
Bref, c’était bon et étant donné les feuilletons familiaux, professionnels et sentimentaux de l’année écoulée, j’avais besoin de faire la rentière et de me reposer le bulbe avec des gens qui ne se prenaient pas la tête.
Avoue que tu es ACHTI content pour moi, mon ami !
Mais alors qu’est-ce que ce sera lorsque tu liras ci-après les expériences fantastiques que j’ai vécues durant l’été !!!
Ben oui, il n'est désormais plus vrai qu'on ne perd son pucelage qu'une fois. Je me suis sacrifiée, malgré mon éducation et mes principes très stricts de vivre de fabuleuses expériences pour LA PREMIERE fois et revenir te les narrer ici.
2008, été des dépucelages - Summer 2008, Yéyane lost her cherry :
Mon premier Aqualand – nan passeque comme tu me vois là, je suis de ces enfants frustrés qui n’avait jamais auparavant goûté les délices de l’abîme de beaufitude que constitue ce haut lieu de culture. J’ai essayé TOUS les toboggans, et plutôt deux fois qu’une. J’ai perdu mes amygdales dans une sorte de journée thérapeutique, je veux dire la réparation des frustration de l’enfance ainsi qu’un indéniable traitement par le cri primal. Si si agad’, ça fait peur.

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Mon premier festival d’Avignon. Grave le titre de ce spectacle dans ta rétine, mon ami, s’il se trouve que par un hasard fortuit il y a une représentation près de chez toi, fait moi confiance, ne cherche pas à comprendre et prends tes billets : RESISTER C’EST EXISTER

« Dans ce spectacle époustouflant, écrit à partir d'histoires vraies, François Bourcier nous fait revivre des "moments d'histoire" : la vie et l'engagement des résistants et des justes (souvent anonymes) , qui, parfois par de simples petits gestes, ont permis à l'espoir de renaître alors que notre pays vivait ses heures les plus sombres. »
j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai été illuminée et tout ça à la fois c’est aussi une première pour moi devant un spectacle de théâtre. c’est vraiment une pièce à ne rater sous aucun prétexte !!!
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J’ai fait le tour de l’île de Ré à vélo et je n’ai même pas vu Lionel.
Mais j’ai découvert que même après trente ans, un enfant unique reste un enfant unique. Ca fait un drôle d’effet de voir un individu théoriquement considéré comme mature faire des caprices parce qu’on n’a pas fait exactement ce qu’il voulait, faire des fâcheries parce que c’est pas lui qui n’est pas sportif, c’est le vélo qu’on lui a prêté qui est pourri, et faire des bouderies lorsqu’il n’obtient pas l’attention absolue des gens qui l’entourent .
Un grand enfant qui raconte par pur esprit de contradiction que les Tibétains, quand même avant l’arrivée des Chinois n’étaient pas des gens très recommandables vu qu’ils vivaient encore dans un système féodal … Ah mais non il n’a pas dit que c’était bien fait pour leur gueule l’invasion chinoise. Ne lui fait pas dire ce qu’il n’a pas dit, mon ami, tu vas te faire engueuler !
Je suis sure que le mec qui a inventé le libéralisme était un fils unique. Il n’y a que les gens comme ça pour croire que dans la vie, pour être heureux, il faut y parvenir par ses propres moyens, et que du bonheur et de la réalisation individuelle naît le bonheur et la réussite collective.
Si tu ne le vois pas, moi je le vois le lien avec le libéralisme. Si tu es sage, je t’expliquerais un jour, on ira boire l’apéro et on se prendra la tête… J’adore ça.
J’ai été extrêmement émue par une bande dessinée (mmh beaucoup de "moi je" dans ce post, mais c'est mon blog oui ou crotte ?!) – voui, j’aime beaucoup la bande dessinées, mais jamais je n’avais été touchée comme ça. Alors tout comme le spectacle sus-révélé, je ne saurais que trop t’encourager à te procurer, à emprunter, bref à « lire » (il n’y pas de texte mais je te promets que ce n’est pas gênant) le Fauve d’or, le prix du meilleur album au dernier festival d’Angoulême : LA OU VONT NOS PERES de Shaun Tan, publié chez Dargaud. L’histoire est belle, universelle, les dessins sont superbes et poétiques. Que demander de mieux ?! Ben..un petit synopsis ?....Voilàààà :
« Un homme arrive dans une étrange contrée et tente de s'habituer à la vie et aux mœurs bizarres des habitants de ce pays. Il a laissé derrière lui femme et enfants pour leur assurer une vie meilleure... Shaun Tan, dessinateur australien né en 1974, traite ici du thème de l'immigration sous une forme métaphorique, convoquant une imagerie fantasmagorique. En résulte une histoire universelle, car tout un chacun pourra s'identifier au parcours de cet homme, à travers les yeux duquel le lecteur vit l'expérience tantôt douloureuse, tantôt enthousiasmante de l'adaptation à une autre culture. »
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J’ai été conduite par un concours de circonstances de l’ordre du fatum à faire de l’escalade. J’aime pô ça, j’ai la trouille, au fond chui qu’une pauvre petite chose fragile… J’ai pleuré….mais chui montée… et chui fière t’as même pas idée ! Peut-être même qu’un jour je recommencerai. Enfin doucement derrière, poussez pas, c’est pas pour demain non plus. (punaise en fait qu’est-ce que j’ai pleuré cet été ! Tu m’étonnes que je pisse moins ces temps ci !).
Last but not least………………… pour toi juste là maintenant, un extrait de conversation nocturne chez Gwendo et La Morue :
- Gwendoooooooooooooooo ?!
- Quoi ?
- Vas-y montre ton cul salope !
- Elle a surgi, a baissé son pyj’ et est venu tourtiller son cul sous mon nez.
Putain, j’ai vu la raie de Gwendo !!!!!!!!
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12.08.2008
Le choix de vivre
Je voulais savoir pourquoi, lorsque les événements tardent, on est en attente. Je pensais à ta réaction : un agacement, une tension qui transformait inopinément toute une fraction de temps en une fixité, en un durcissement des nerfs, en une attente.
Ainsi donc, je demandai à travers la porte entrebâillée de la salle de bains :
- Pourquoi l’attente existe-t-elle ?
- L’attente de quoi ?
Il fit une pause, reprit sur un ton plus doux :
- L’attente de quoi ?
- Si maman n’arrive pas, tu l’attends ?
- Bien sûr.
- Si la lumière s’éteint nous attendons qu’elle revienne ?
- Je ne réussis pas à te suivre, mais ça ne fait rien. Oui nous attendons qu’elle revienne.
- Face à ce qui tarde et que nous devons attendre, nous somme toujours en attente ?
A ce moment ma diction se fit plus bafouillante.
- Papa, si moi je ne veux pas être en attente et si je veux être sans attente, est-ce que je peux ?
Alors il cessa de se raser, ouvrit la porte en grand et, comme s’il avait compris quelque chose, je ne sais quoi, dit ces quelques mots : « Si tu es capable de vivre sans attente, tu verras des choses que les autres ne voient pas. » puis il ajouta encore : « ce à quoi tu tiens, ce qui t’arrivera, ne viendra pas par une attente. » Il avait la moitié du visage rasée et l’autre encore pleine de savon, dans une main le rasoir et dans l’autre le blaireau.
(Erri De Luca. Pas Ici, Pas Maintenant, Folio, Mars 2008)
Mes amis et moi avons rencontré Eskelina, la semaine dernière à Sarlat. Au détour d’une visite guidée le soir, nous avons entendu sa si jolie voix embaumer un recoin de rue.
Puis nous l’avons invitée à partager un verre de vin de pêche.
Eskelina nous a alors expliqué qu’elle est enfin heureuse. Elle a découvert un jour que tout ce dont elle a besoin pour l’être tient sur son vélo. Depuis elle est libre et heureuse.
Et moi j’en ai encore « dans une main le rasoir et dans l’autre le blaireau »…
18:44 Publié dans Qui sort dîne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : philosophie de vie, eskelina, sarlat, erri de luca, vivre mieux, choix de vie, j'en suis baba
31.07.2008
Interrogation écrite
Bon qu’est-ce que je voulais dire moi ?
Ah oui, j’ai une question, là j’ai besoin de ton avis, mon ami.
Faut-il croire ou douter de quelqu’un qui crie sur tous les toits et tous les tons qu’il est VRAIMENT heureux et que la vie qu’il mène le satisfait mais alors TROP TOP MOUMOUTE ? Et ceci alors qu’on ne lui a rien demandé ?!
Moi je trouve ça suspect, mais on me souffle dans mon oreillette que je suis méchante et jalouse.
Devrais-je faire une retraite à Tézée pour apprendre ce qu’est la gentillesse, la vraie ?
Ah, je vois d’ici le tableau, moi au fond d’une grotte, au milieu de guirlandes de béquilles et de cierges, touchée par la grâce.
C’est fini les JMJ ? Non parce que c'est vrai, on y apprend à être trèèèèèèèèès gentil.
E effet, les seuls spécimens de jeunes déjà allés aux JMJ que j’ai croisés de mon existence étaient une Rose très prop’ sur elle et son amoureux Dolphouze. Ce dernier avait l’air barré mais je n’avais pas mesuré l’ampleur des dégâts avant ce fameux après-midi où, revenant de cours, je trouvais Rose en larme et apeurée dans l’appartement. Elle avait passé un après-midi d’enfer car un fou furieux téléphonait tous les quarts d’heure pour lui dire les choses horribles qu’il lui ferait subir en même temps que les derniers outrages s’il l’avait sous la main.
Sur ces entrechats, le téléphone sonne, je décroche. Mes amis et moi parlons longuement au fou furieux et une fois la communication terminée, sommes unanimes, il a la même voix que Dolphouze… Mais non quand même, c’est impensable, quel est le taré qui ferait ça à sa propre fiancée ?!!!
Ca n’a pas loupé, il lui a avoué quelques semaines plus tard que c’était bien lui. Elle l’a quitté.
Les JMJ mon ami, c’est le dernier espace où l’aventure est permise à l’homme !
10:18 Publié dans Allez cherche ! | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



