30.09.2008

Déesse Ex Utopia

Je sais mon ami, nous sommes en pleine crise mondiale et, en France, une femme vient de faire  la nique à une tripotée de mecs de tous bord politique (je te laisse seul juge de la prestation parissi ), j’ai nommé Ségolène Royal.

Mais ce n’est pas elle la déesse du titre – oui moi aussi ça me rassure.

Non, je veux te parler de fesses, certes un thème récurrent sur ce bloug, et alors ? Je te l’ai déjà dit, c’est la seule chose qu’il nous reste puisque non indexé sur les fluctuations du CAC 40.

Bref, j’en viens aux faits : je fus terriblement surprise  l’autre soir, lorsque plateau repas sur les genoux  – le menu B1 à 7euros  de mon fournisseur habituel – ordinateur allumé à proximité et zapette  à la main, je tombais sur Emmanuelle, le film. Le tout premier de Just Jaekin, de 1974, avec Sylvia Kristel et ses petits tétons comme des framboises.

Je n’avais jamais vu d’Emmanuelle.

Je n’ai jamais lu l’œuvre d’Emmanuelle Arsan non plus.

Je me laissais donc tenter, pour l’aspect purement documentaire de la chose car nous sommes bien d’accord : pour prendre son pied devant ce film, plus que précoce, il faudrait être une mitraillette du plaisir ; à peine dégainé, déjà déchargé (ami de la poésie, bonsoir) étant donné la fulgurance des scènes érotiques et leur rareté quand on y songe.

Bon, vite fait l’intrigue qui te titille : Emmanuelle, jeune femme au foyer,  prend l’avion pour rejoindre son mari, diplomate,  à Bangkok. Dans l’avion elle s’ennuie comme un rat mort alors naturellement, un vieux réflexe de ménagère  sans doute, elle entreprend de dégorger  le poireau de son voisin.

Une fois à Bangkok, elle raconte tout à son doux époux qui entretient une jolie moustache, comme Magnum, ainsi qu’un détachement tout à fait digne de son héro. Il lui dit qu’il s’en bat les ratichons et que c’est une bonne idée qu’elle se libère un peu. Elle lui répond : « je veux te boire ». Fin de citation.

 (J’ai formé le dessein machiavélique de tenter cette réplique sur un prochain amant, je me demande quelle sera sa réaction).

Pour faire bref, Emmanuelle se lance donc à corps perdu dans l’exploration de ses sens – enfin, vite dit car comme je te l’ai fait remarquer plus tôt, elle n’est pas trop nerveuse non plus et passe beaucoup de temps en discussions dans les cocktails de l’ambassade et en longs regards plein de sous-entendus. Ah elle joue au squash aussi.

Eh bien contre toute attente, ce qui m’a stimulée … l’hypothalamus (je suis une cérébrale, qu’on se le dise) et excité… les synapses furent les quinze dernières minutes du film.

Bon l’histoire de cette dernière partie est la suivante : l’héroïne, pour parfaire son voyage initiatique vers la libération totale et la jouissance absolue, finit, après maintes réticences et tergiversations, par se soumettre à Mario, professeur d’érotisme réputé. Ce dernier a pour mission de lui faire découvrir toute la gamme et le raffinement des plaisirs sensuels ; à savoir le viol collectif après quelques bouffées d’opium puis la prise en levrette et en public par le vainqueur d’un combat de boxe thaï  et enfin l’abstinence et le refus de la satisfaire après une nuit pleine d’émotions et alors qu’elle est au summum du désir.

Tout au long de cette promenade, Emmanuelle et Mario débattent tout à fait sérieusement du plaisir, du couple et de la fidélité, du corps et de la sexualité, de la liberté et du don. « Il faudrait mettre le couple hors la loi » se répète en conclusion Emmanuelle (Wikipédia).

Débat tout à fait surprenant, qui est certes empreint de la libération toute neuve d’après 68, mais pas uniquement. J’ai bien senti qu’il se passait quelque chose de plus dans cet échange. Mario y avance des idées absolument étonnantes, entre autre qu’il faudrait obliger chaque couple à accepter une troisième personne dans ses ébats conjugaux afin d’apprendre à l’individu à bien faire la différence entre le cœur et  le corps. Ainsi la pureté pourrait être préservée et vécue pleinement, que ce soit dans le lien affectif, où dans l’exaltation des sens. En effet, puisque la jalousie détruit cette pureté, il suffit d’habituer l’individu à cette séparation grâce au triolisme. Il m’a semblé que ces idées  tiennent plus du projet de société que de la revendication alors en vogue.

Si si mon ami, j’ai été épatée de déceler dans Emmanuelle tant de philosophie et surtout l’esquisse de ce que Tanguy L’Aminot nomme « l’utopie érotique ». Tu me connais, ni une ni deux, j’ai commencé les recherches  (tu peux en cliquant zici lire tout l’article) et me suis rendue compte que mon intuition était la bonne.

Je cite donc L’Aminot :

Emmanuelle Arsan a bien conçu ses romans comme une utopie et elle me le confirmait dans une lettre où elle expliquait à leur propos :

" L'intention qui les a produits a, sans doute, elle-même vieilli - mal vieilli - en ceci qu'y soufflait un vent d'utopie, comme il y en naissait d'autres, à l'époque, et comme le temps présent les décrie.

. Ces livres étaient délibérément utopiques, parce que je sentais alors dans toute utopie un stimulant de l'évolution des sociétés. Ce rôle est différent de celui des religions, lesquelles tendent à nier notre nature matérielle. L'utopie se distingue aussi de l'idéologie, qui ignore fréquemment notre raison hédonique. L'utopie est toujours un plaisir.

Le postulat utopique était, me semble-t-il, suggéré dès les deux épigraphes de la Leçon d'homme. D'abord, par les vers de Mallarmé :

Ou si les femmes dont tu gloses
Figurent un souhait de tes sens fabuleux...

. Puis, par le pessimisme-optimisme visionnaire d'Antonin Artaud :

Nous ne sommes pas encore au monde
Il n'y a pas encore de monde
Les choses ne sont pas encore faites
La raison d'être n'est pas trouvée.

. L'épigraphe de l'Antivierge, de son côté, affirmait crûment :

Le monde n'est réel que si je le dérange (Alain Bousquet) " (4) .

. Ces citations qui figurent en tête des deux livres d'Emmanuelle Arsan ont manqué leur effet puisque la grande majorité des lecteurs n'en a pas du tout perçu la dimension utopique, hors du temps et des lieux réels.

 

L’objection première que j’ai pu émettre bien que d’autre l’ont naturellement fait avant moi – je ne revendique aucun génie, ce qui me permet de croire, même si c’est finalement un peu prétentieux aussi mais de manière biaisée, que si je pense ou ressens quelque chose qui me mène à ce que la morale judéo-chrétienne dont nous sommes en majorité empreints en ce pays , qualifie de bon ou de juste, cela signifie aussi que c’est à la portée de tous – donc l’objection était la suivante : penser une utopie du point de vue érotique uniquement, n’est-ce pas un brin réducteur ?
Nous avons tous en tête nos Thomas More, Charles Fourier, Saint Simon, William Morris, Karl Marx etc... (tu peux te rafraîchir la mémoire )
 qui ont tous envisagé une société nouvelle sous des aspects plus économiques et sociaux, même si Fourier proposait déjà quelques idées, somme toute peu éloignées de la vision d’Emmanuelle Arsan, je cite :

« […] la pensée de Fourier est cohérente : dans son œuvre, l’amour est à la fois un tout et une partie, partie des douze passions. « Le sens de toutes les passions c’est l’amour. Il en constitue le sens ultime car elles sont toutes tensions vers l’autre et elles supposent, elles suscitent une réponse de l’autre. […] Tous les mouvements passionnels convergent dans l’unitéisme, non l’unité qui n’est jamais réalisée mais une tension vers l’unité tel un horizon toujours fuyant à mesure qu’on l’approche ». (Simone Debout, p. 96). Dans ce quatorzième Cahiers Charles Fourier, l’œuvre de Fourier est aussi largement sortie de son temps pour être comparée à d’autres. Dans « S comme sexe », Fourier est mesuré à l’aune de Sade. Louis Ucciani confirme ainsi que la sexualité chez Fourier n’ouvre pas sur une pornographie, à la différence de ce qui se passe chez Sade. Chez Fourier, au contraire, l’accomplissement des potentialités sensuelles de chacun, leur assouvissement sexuel seront, en Harmonie, constructifs et non destructeurs des individus. »

Nicole Edelman, «Cahiers Charles Fourier. Mondes amoureux, décembre 2003, n° 14, 159 p.», Revue d'histoire du XIXe siècle, 2004-28, Religion, politique et culture au XIXe siècle , [En ligne], mis en ligne le 21 juin 2005. URL : http://rh19.revues.org/document649.html.

Donc, j’ai trouvé intéressante la manière dont Arsan a abordé l’utopie. Et il y a une explication à cela : sans être féministe forcenée, Emmanuelle Arsan est partie de son ressenti par rapport à son identité de femme pour construire une vision, certes tout à fait incomplète d’une société nouvelle, mais qui a le mérite de nous interroger.
En tout cas moi je m’interroge. Sur mon mode de vie amoureuse actuelle et passée, sur ce qui me semble important de nouer dans l’amitié, l’amour, l’affection. Sur le potentiel ciment d’une société que cet aspect peut constituer – sachant bien sûr qu’il y aura toujours des exceptions, des marginalités, des déviances.

Mais peut-être qu’une société conçue à travers le prisme de la relation affective et sensuelle limiterait substantiellement les exceptions, les marginalités, les déviances. Non que je sois pour un monde uniforme et stalinien en matière de liens humains, mais si nous sommes honnêtes avec nous même, si on met le délire déique (j’entends par là le fantasme d’avoir, comme un dieu, le pouvoir sur son prochain grâce à l’argent, la domination physique, psychologique etc…) de côté, la reconnaissance de notre existence par les autres, proches ou non,  à travers des témoignages d’affection divers est tout de même le plus puissant moteur du monde que je connaisse. Regarde mon ami, qu’est donc la « pipolisation de la politique » que nous vivons actuellement sinon la manifestation d’un grand besoin de reconnaissance et d’affection poussée à l’idolâtrie ? Nous faisons et vivons tous la même chose, certains de manière plus mégalomaniaque que d’autres.

Avec les prédictions apocalyptiques farfelues dont je t’ai parlé l’autre fois et toutes les récessions apocalyptiques réelles du moment, certains s’accordent pour dire que notre monde ne pourra pas tenir ainsi encore longtemps.

Même si les préoccupations écologiques du moment, le croissant rejet parmi la population de la consommation pure pour un mode de vie plus naturel et plus doux au corps et à l’âme, peuvent sembler encore anecdotiques dans l’immense bordel ambiant, si je fais un rapide calcul basé sur l’espérance de vie actuelle, les trentenaires d’aujourd’hui dont je fais partie, ont encore une bonne cinquantaine d’années à vivre.

Ce qui nous laisse une chance d’assister à quelques changements, voire à des bouleversements, le monde va tellement vite, et mieux encore d’y participer. Mais pour cela, il faut réfléchir à l’inaccessible étoile, à l’idéal, à l’utopie vers laquelle nous voulons tendre, préparer le chemin puisque nous n’arriverons jamais à destination.

Je reviens à Mme Arsan, je te disais donc qu’elle est partie d’un constat tout simple et très personnel. On adhère ou pas, là n’est pas la question, bref, voici (toujours tiré du texte de Tanguy L’Aminot) :

Dans la revue Emmanuelle, en 1975, Emmanuelle Arsan parle de l'" éditeur spécialisé dans la science-fiction [qui] a ancré dans la vie mon utopie sous le nom bénéfique d'Emmanuelle " et revendique fortement sa nature et sa condition de femme comme des facteurs essentiels de son action sur le monde :

" Je suis femme, c'est-à-dire que je ressens dans ma chair et dans mon cœur, comme une blessure, tout ce qui perpétue l'esclavage des femmes : tout, les bonnes et les mauvaises mœurs, pornographe quand ça me chante, la pornographie alibi des phallocrates, me dégoûte. L'agacement délicieux de mon érotisme n'est plus qu'une pauvre toile craquelée sur le chevalet de la société répressive des hommes.

. Je suis femme, c'est-à-dire que je récuse la complicité des femmes dans l'asservissement des maternités involontaires, dans l'admiration inconditionnelle du seigneur et maître, dans la sournoise victoire quotidienne remportée sur des mâles émasculés.

. Je suis femme, c'est-à-dire que les plus excessives des féministes, les plus exaspérées des suffragettes, celles-là même qui condamnent comme une trahison ma tendre soumission au plaisir, sont mes sœurs et mes semblables.

. Je suis femme, ni objet, ni bête, ni mère, ni sœur, ni fille, ni homme, non plus. Femme, c'est-à-dire solidaire de toute vie, de tout épanouissement, de toute jouissance. Femme, oui, et servante dévouée, oui, mais de mon seul maître : le bonheur.

. Je n'ai jamais rien compris à ce qu'un Sade ou un Bataille pouvait trouver d'érotique à la violence ou à la mort. Surtout, je n'ai aucune envie de le comprendre. Eros est pour moi l'antagoniste naturel de Tanathos, le dieu de Nature. Et je crois même, en dernière analyse, qu'Eros est femme, comme Tanathos est mâle.

. La femme est génie de vie. L'homme - du moins celui que nous présente jusqu'à maintenant l'Histoire - excelle avant tout dans la lutte, la domination, la destruction et le désespoir.

. Le développement d'une civilisation est un progrès biologique, c'est-à-dire une augmentation du pouvoir de vie, aux dépens des instincts de mort. Il s'ensuit que l'évolution heureuse d'une culture s'identifie à la part croissante que prend le génie féminin dans l'espèce et dans les sociétés que cette espèce organise. Ce mouvement impose aux traditions meurtrières des hommes un respect qui fait reculer d'autant la fin du monde.

. Le phallus cesse d'être glaive pour se changer en objet de douceur, lorsque la femme le prend dans ses mains " (ça c’est ma citation préférée, vraiment ;-))

. Pour Emmanuelle Arsan, l'idéal ne peut consister à se retirer du monde, mais à y vivre différemment et selon les principes de l'amour érotique et libre. Elle déclara en 1968 à des journalistes italiens qui l'interrogeaient sur le sens de son roman:

" L'idée d'une sélection, qui reviendrait, en fait, à isoler du reste du monde ceux-là mêmes qui sont capables de le changer me paraît manquer de logique.

. L'on comprend certes que les communautés et les individus qu'effraient l'évolution, pourtant loi ultime de l'univers, rêvent d'exiler, d'enfermer, d'oublier ceux par qui les mutations arrivent. Mais pourquoi ces derniers devraient-ils leur faciliter la tâche, en se groupant dans on ne sait quel phalanstère érotique, on se demande quelle naïve Ligue des Droits de l'Amour?

. L'association internationale que vous suggérez existe déjà. Elle a pour nom l'humanité. Si l'on veut qu'elle soit une association pour le progrès, que sa majorité soit, demain, moins laide, moins ignorante, moins honteuse et moins terrifiée que celle d'aujourd'hui, c'est à la minorité qui, au milieu d'elle, a les yeux ouverts de faire reconnaître la justesse de sa vision. Ceux qui voient clair ne sont pas sur terre pour se regarder entre eux, ni pour s'enivrer en secret de lumière, mais pour tirer les autres de leur nuit.

. Il est écrit, quelque part dans le second livre d'Emmanuelle, que ce n'est pas être nu que de se cacher pour être nu... Ce ne serait pas, non plus, être homme que de se cacher du monde pour être homme ".

Je te le concède, un point de vue très hugolien de l’élu guidant le peuple, mais comme j’ai des tendances mégalos (voui, il sommeille toujours un mégalo dans le blogueur/la blogueuse), il me semble qu’il est temps que nous nous prenions tous pour Néo.

C’est mathématique, rien de tel que le chaos pour construire.

De plus, je te rappelle ami trentenaire que les rênes du pouvoir nous attendent puisque nos gouvernants actuels disparaîtront un jour, alors qu’Emmanuelle, la déesse envoyée par Eros JAMAIS !

Allez, un petit cadeau pour toi pour te reposer (tu noteras que Yéyane a tout appris à Emmanuelle car "[elle] cherche toujours, [elle] cherche plus loin" - chez Yéyane en plus on trouve ! hin hin) :

 

22.09.2008

Deutsches Gramophon

Mon ami, j’ai depuis hier, grâce à un pote qui a su ouvrir mes chakras et ceux de la collectivité concentrée hier matin autour du brunch post-party dominical, commencé pour toi une incursion dans le vaste et plaisant sujet de la musique allemande.

Bien qu’à priori ce terme de "musique" d’un côté, et le mot "allemande" de l’autre ne semble à priori pas faire bon ménage, il est des surprises qu’on ne peut garder pour soi. Las Nena, Tokyo Hotel, Nina Hagen,  c’est à peu près tout ce qui vient sur le champ lorsque que le quidam moyen se penche sur la question.

Non parce que bon, ayant pour ma part vécu une période mouvementée de six mois en territoire teuton, je n’ai de souvenirs que quelques « Du bist so heiss wie ein wolcan, Anita » ou le plus 90’s «Gib mir mein Herz zurück,  Ich hab’ ein Flugzeug in meinem Bauch », dont la poésie ne saura t’échapper, j’en suis certaine.

Donc, disais-je, je me lance dans la recherche et me trouve aujourd’hui en mesure de te soumettre ceci :

Mais ce qui m’a le plus consternée fut cette abominable découverte, France Gall a eu faim à un moment donné de sa carrière- dans les années 1968/1970 en fait. Elle a donc du vendre ses sévices (là désolée, il n’y a pas d’autres mots pour qualifier cette diarrhée) au plus offrant. Pardonne lui, tout comme moi mon ami, elle ne savait pas ce qu’elle faisait…je sais parole biblique mais si ça ce n’est pas une crucifixion auditive ?!

Du coup, j’ai rebellé, chui passée directement à ça (Rammstein, Reise, Reise).

Ensuite, j’ai tout de même eu besoin d’un peu de tendresse – alors comme en transe et sans concertation avec moi-même, je me suis laissé glisser là et j’ai écrasé une larme de nostalgie (Eh oui pour çui là qui savait pas, Scorpions est un groupe allemand).

Mais enfin le clou du pestacle qui m’a donné envie de me lancer dans l’exploration sus-décrite :

GUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUNTHER, trop dur …..de choisir laquelle te montrer, alors je t’ai mis les deux que je n’ai vraiment pas pu départager.

17.09.2008

A l'Ouest rien de nouveau ou presque

AAAAArgh, nous z’ôtres les profs nous avons un Sinistre de l’éducation du tonnerre.

Pauvre Darcos, ne sait plus quoi inventer pour dégraisser du mammouth (clikiçi) . Après avoir coupé la trompe, tondu la bestiole, limé les ongles, taillé les oreilles, il envisage de lui couper les pattes mais ne sait plus qu’inventer pour justifier sa volonté de transformer le pachyderme en chihuahua parce que tout comme Paris Hilton, il pourra ainsi le faire tenir dans son sac à main.
Et puis avec la queue il se fera faire un chasse-mouche par un célèbre maroquinier.
Darcos victime de la mode ? 

Je m’interroge.

Des centaines de gens qui râlent parce qu’ils n’arrivent pas à trouver de place à l’école pour leurs gamins rien qu’à Paris… Ben lui dit que ça ne sert à rien. Mettez-les en CP mais pas avant, ça lui coûte trop cher.

Entends-moi bien mon ami, je ne suis pas contre les réformes, je suis contre cette explication de l’éducation Nationale qui ressemble à s’y méprendre à la lecture d’un compte de résultat, un plan comptable dans une main, une calculatrice de l’autre. Surtout quand on ne sait pas compter et que l’analyse financière ne prends pas en compte l’accroissement de la population via l’augmentation du taux de fécondité des Français, ni la nécessité connue et prévue d’importer prochainement de la main d’œuvre d’origine louche et pô françé.

Mais tout ça, finalement on s’en fout parce que j’ai appris que la préoccupation que je devrais avoir en ce moment c’est l’APOCALYPSE. Et toi aussi d’ailleurs tu devrais y penser un peu. Parce que c’est pô tout ça gamin, il va falloir songer à faire les valises !

Oui tu m’as bien accoustiquée mon ami.
D’après des gens comme Lawrence E. Joseph (son livre est paru chez Michel Lafon, pour si des fois que tu es d’humeur à te flinguer le moral jusqu’à la lie), nous allons tous passer un sale quart d’heure en 2012.

NaN, rien  à voir avec une éventuelle réélection du nain.


Plutôt un truc du genre inversion des pôles magnétiques de notre planète. Bon jusque là, si cette histoire de magnétisme fait qu’enfin j’en ai, moi, du magnétisme qui me permette de choper l’homme de mes rêves, je ne suis pas farouche au changement.
Mais bon là, du coup y a un blème, la Terre, au bout d’un moment, dont la durée est totalement indéterminée, se mettrait à tourner dans le sens contraire de celui que nous connaissons aujourd’hui. Alors là, séismes et tout le bazar, des gaz qui nous protègent et qui ne nous protègent plus. Tout pareil comme une soirée de merde chez les Dupont en perspective. Mais on t’expliquera mieux ça ICI si tu as un peu de temps. Ouaih je sais, un max de liens et de trucs à lire, tu es verni aujourd'hui !! Et attends, c'est pô fini, il y en a encore deux ci-après. Je t'envie mon ami.

Il y a des gens qui parlent de ça sur des forums, des scientifiques qui expliquent l’inversion des pôles et ont découvert que ce phénomène ne serait pas vraiment nouveau, des signes datant des Mayas…

Mais moi je dis qu’il n'y a carrément pas de quoi s ‘énerver, parce qu’en matière de signes, on vient de voir cette semaine que Nadine Morano sait danser et Paris Match dément l’affaire Apocalypse 2012.

Kesstu veux de plus ???

 

 

 

12.09.2008

Benoititude

"- Le Pape est mort, un nouveau pape est appelé à régner.

- Araignée ?! Quel drôle de nom, pourquoi pas libellule ou papillon ?"

....... Cette phrasounette blagounette a bercé mon enfance, mais je ne me souviens plus de qui c'est.

Une idée mon ami ?

 

08.09.2008

Edvige ? Or not Edvige ?

Hervé Morin se réveille.

Bien bien, peut-être que toi aussi, mon ami.

Il est encore temps de s’intéresser à la chose.

Je ne sais pas trop comment on peut-être pour. Oui, il y en a qui prétextent que de toutes façons il ne s’agit que d’une fusion des fichiers existants de la DST et des Renseignements Généraux.

Que penser des ajouts prévus sur la vie privée, numéro de téléphone, santé etc.

Que penser des risques qu’un fichier aussi exhaustif pourrait nous faire courir, chacun et chacune d’entre nous, si quelqu’un décide d’en faire un usage fâcheux.

Regarde mon ami  le problème que pose aujourd’hui le vol d’ordinateur en Grande Bretagne (entendu hier sur France Inter), et notamment celui du fichier qui recense les noms et adresses des gardiens de prison. Le vol a eu lieu au début de l’été et ils sont un peu emmerdés car de sérieuses questions sur la sécurité de ces personnes et de leurs familles se posent.

Ayant participé à plus d’une manifestation moi-même, laissant traîner ça et là des indices gros comme des baleines dissimulée sous un gravillon quant à mes orientations sexuelles et politiques, les  sites internet que je consulte régulièrement comme celui des RG qui, soit dit en passant, vivent déjà dans la spirale infernale et infect des ennuis avec la justice pour avoir ouvert leur gueule (respect les mecs), je laisse de surcroît, malgré un prénom et un nom de famille bin françés, traîner des photos de ma bazanitude un peu partout , mes allusions à ce que je fume et bois, les personnes que je fréquente qui passent la nuit au commissariat (oui ben tant qu’à faire, je leur facilite le travail une bonne fois pour toute)... En plus je suis sûre qu’il y aura des fichiers joins du genre les images live de ma coloscopie et le nombre de boutons d’acné que j’ai pu avoir dans l’adolescence. … Comment ne pas se poser de questions ?!

D’ailleurs mon ami, j’ai là pour toi en accès top secret FBI un lien qui te permettra, grâce au numéro de téléphone portable de tes amis, de les retrouver où qu’ils se trouvent sur la planète grâce au repérage satellite. Clique ici – mais je ne réponds pas de ce que tu découvriras !

Ca fait peur , hein !??!

03.09.2008

Françoise Hardy avait raison !

Votre climat Astral par Auriane - Astrocenter.fr, votre horoscope hebdomadaire

Attention à vos finances en début de semaine !
Lundi, YéYANE, Vénus entre en Balance et vous rend quelque peu calculateur. Vous avez en effet tendance à mélanger amour et désir de possession. Evitez de choisir une personne uniquement pour son compte en banque, vous seriez vite démasqué. Mardi, la Lune fait son entrée en Balance et met quelque peu en péril vos finances.

Ben oui, je regarde mon 'roscope pratiquement tous les jours et même que je le reçois quotidiennement par mèl.

Le premier qui fait un commentaire je lui bloque l'accès à cet espace.

on dira ce qu'on voudra mais le résultat des courses pour moi ça a été :

A- une facture de 146 euros pour payer la fourrière - ben oui, j'avais garé limo-106 sur les bords du bassin de la Villette, jusque là j'ai parfaitement le droit, mais j'avais pô vu le tout petit panneau dans le coin au fond qui dit que le dimanche matin... y a le marché !! héhé. La maréchaussée est farceuse... Tu imagines la tête de ta Yéyane d'amuuure lundi matin, toute fringuante et de bonne humeur, qui s'apprêtait à gagner son vehicule pour aller au bahut faire sa rentrée des classes !!! J'ai même cru qu'on me l'avait piquée - bon y en a qui vont encore faire des commentaires désagréables sur le pourcentage de chance infime pour qu'on vole ce modèle antique... j'vous f'rais dire que la voiture bélier n'a pas d'âge ni de design !!

Bref, finalement j'étais presque contente de la retrouver à la fourrière, c'est plus cher mais c'est moins d'emmerdations. Bon il faut aussi que je paye l'amende qui va bien avec - 35 euros, parce que sinon ce serait comme sortir avec une rivière de diamants autour du cou sans porter les boucles d'oreille ou le bracelet qui va avec. Qui a dit qu'il ne voyait pas le rapport ?!

Et puis on a quinze milliard d'euros à payer les gars je vous rappelle, plus le trou de la sécu, plus la faillite totale du pays telle que définie l'automne dernier par notre premier sinistre Fantoche Fillon.

B- La dette accumulée par certains copropriétaires de mon immeuble dont le ciel et le fatum nous rendent solidaires, nous qui essayons de payer nos charges, a conduit notre syndic à me signifier hier mardi qu'un petit recouvrement supplémentaire de leur dette d'environ, aaaaaaaaallez, va pour 450 euros à la louche, serait fort aimable de ma part.

 Alors, après ce que tu viens de lire, Françoise Hardy ... info ou intox ?!

02.09.2008

L'âme des Poètes

Il est des jours où je me dit que l’âme de Prévert est là, autour de nous, mais nous omettons trop souvent d’en saisir l’essence.

L’autre jour, j’étais dans un ascenseur et une petite dame aux articulations racornies et à la tête chenue  entra dans l’habitacle, flanquée d’un superbe caddy à motif écossais. Voici l’échange qui s’en suivit :

Yéyane                 -          Bonjour

La p'tite dame     -          Bonjour

Yéyane                 -          Je vais au troisième, à quel étage vous rendez-vous ?

La p'tit dame        -          Au quatrième, tout en haut de la tour !

Yéyane                 -          Ooh mais alors dites moi, on roucoule tout là haut ?

La p'tite dame      -          Ah non, on ne roucoule pas…. Mais si vous donnez des cours, j’apprendrais volontiers !

 

Nous échangeâmes un regard complice et malicieux, nous arrivions au troisième étage.

 

 

 

01.09.2008

Return

Ca y est les dés sont jetés, la roue a tourné, le papou a papaouté et yéyane est rentrée.

Comment te dire mon ami, être prof en été, c’est un peu comme être rentier, bon en moins mirobolant, mais quand même.

Tu passes ton temps à l’apéro pisque tu sais que demain t’auras encore de quoi acheter du jaune et du sausse. Tu glougloutes tranquillement dans l’eau en te demandant si tu as le goût de faire une partie de tarot ou plutôt un tour à vélo en fin d’aprème et tu ne paniques pas pisque tu sais que demain tu pourras faire l’activité que tu n’as « pas eu le temps » de faire aujourd’hui.

Un vrai vie de privilégié quoi ! Enfin ne t'inquiète pas car si le rentier n'est pas prêt de disparaître, le prof va bientôt devenir un espèce en voie de disparition, répertoriée et protégée par WWF. Un peu comme le panda tu vois. On fera des peluches de prof qu'on vendra chez Nature et Déconnade pour des sommes pharaoniques qui seront reversées à la fondation et permettront de nourrir et entretenir quelques spécimens dans un zoo. Et pi quand ils seront morts, ben on les empaillera, là !

Bref, c’est comme ça que j’ai passé mes vacances, non pas traquée comme une tigresse du Bengal, mais plutôt détraquée destructurée, en road trip avé la limo-106. Telle Paris Hilton, je me la suis pété sur la plage avec mon téléphone portâââble : "allo ma chérie, j'arrive chez toi dans deux heures. Je suis à Balaruc, tu es à Saint Jean Pied de Porc... et alors ?! ". Bon ce n'est pas exactement le même niveau de glamour, mais moi j'ai eu pour luxe ma liberté... Paris peut-elle en dire autant ?

Enfin, je précise au cas où tu aurais des doutes, Yéyane a l’air gourde comme ça, mais ça ne l’empêche pas d’avoir des amis – tsé, des vrais avec des bras et tout et tout !

Bref, c’était bon et étant donné les feuilletons familiaux, professionnels  et sentimentaux de l’année écoulée, j’avais besoin de faire la rentière et de me reposer le bulbe avec des gens qui ne se prenaient pas la tête.

Avoue que tu es ACHTI content pour moi, mon ami !

Mais alors qu’est-ce que ce sera lorsque tu liras ci-après les expériences fantastiques que j’ai vécues durant l’été !!!

Ben oui, il n'est désormais plus vrai qu'on ne perd son pucelage qu'une fois. Je me suis sacrifiée, malgré mon éducation et mes principes très stricts de vivre de fabuleuses expériences pour LA PREMIERE fois et revenir te les narrer ici.

2008, été des dépucelages - Summer 2008, Yéyane lost her cherry  :

      Mon premier Aqualand – nan passeque comme tu me vois là, je suis de ces enfants frustrés qui n’avait jamais auparavant goûté les délices de l’abîme de beaufitude que constitue ce haut lieu de culture. J’ai essayé TOUS les toboggans, et plutôt deux fois qu’une. J’ai perdu mes amygdales dans une sorte de journée thérapeutique, je veux dire la réparation des frustration de l’enfance ainsi qu’un indéniable traitement par le cri primal. Si si agad’, ça fait peur.

aqualand 1.jpg

 

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     Mon  premier festival d’Avignon. Grave le titre de ce spectacle dans ta rétine, mon ami, s’il se trouve que par un hasard fortuit il y a une représentation près de chez toi, fait moi confiance, ne cherche pas à comprendre et prends tes billets : RESISTER C’EST EXISTER

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« Dans ce spectacle époustouflant, écrit à partir d'histoires vraies, François Bourcier nous fait revivre des "moments d'histoire" : la vie et l'engagement des résistants et des justes (souvent anonymes) , qui, parfois par de simples petits gestes, ont permis à l'espoir de renaître alors que notre pays vivait ses heures les plus sombres. »
j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai été illuminée et tout ça à la fois c’est aussi une première pour moi devant un spectacle de théâtre. c’est vraiment une pièce à ne rater sous aucun prétexte !!!

 

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       J’ai fait le tour de l’île de Ré à vélo et je n’ai même pas vu Lionel.
Mais j’ai découvert que même après trente ans, un enfant unique reste un enfant unique. Ca fait un drôle d’effet de voir un individu théoriquement considéré comme mature faire des caprices parce qu’on n’a pas fait exactement ce qu’il voulait, faire des fâcheries parce que c’est pas lui qui n’est pas sportif, c’est le vélo qu’on lui a prêté qui est pourri, et faire des bouderies lorsqu’il n’obtient pas l’attention absolue des gens qui l’entourent .
Un grand enfant qui raconte par pur esprit de contradiction que les Tibétains, quand même avant l’arrivée des Chinois n’étaient pas des gens très recommandables vu qu’ils vivaient encore dans un système féodal … Ah mais non il n’a pas dit que c’était bien fait pour leur gueule l’invasion chinoise. Ne lui fait pas dire ce qu’il n’a pas dit, mon ami, tu vas te faire engueuler !
Je suis sure que le mec qui a inventé le libéralisme était un fils unique. Il n’y a que les gens comme ça pour croire que dans la vie, pour être heureux, il faut y parvenir par ses propres moyens, et que du bonheur et de la réalisation individuelle naît le bonheur et la réussite collective.
Si tu ne le vois pas, moi je le vois le lien avec le libéralisme. Si tu es sage, je t’expliquerais un jour, on ira boire l’apéro et on se prendra la tête… J’adore ça.

 

      J’ai été extrêmement émue par une bande dessinée (mmh beaucoup de "moi je" dans ce post, mais c'est mon blog oui ou crotte ?!) – voui, j’aime beaucoup la bande dessinées, mais jamais je n’avais été touchée comme ça. Alors tout comme le spectacle sus-révélé, je ne saurais que trop t’encourager à te procurer, à emprunter, bref à « lire » (il n’y pas de texte mais je te promets que ce n’est pas gênant) le Fauve d’or, le prix du meilleur album au dernier festival d’Angoulême : LA OU VONT NOS PERES de Shaun Tan, publié chez Dargaud. L’histoire est belle, universelle, les dessins sont superbes et poétiques. Que demander de mieux ?! Ben..un petit synopsis ?....Voilàààà :
la ou vont nos peres.jpg«  Un homme arrive dans une étrange contrée et tente de s'habituer à la vie et aux mœurs bizarres des habitants de ce pays. Il a laissé derrière lui femme et enfants pour leur assurer une vie meilleure... Shaun Tan, dessinateur australien né en 1974, traite ici du thème de l'immigration sous une forme métaphorique, convoquant une imagerie fantasmagorique. En résulte une histoire universelle, car tout un chacun pourra s'identifier au parcours de cet homme, à travers les yeux duquel le lecteur vit l'expérience tantôt douloureuse, tantôt enthousiasmante de l'adaptation à une autre culture. »

 

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      J’ai été conduite par un concours de circonstances de l’ordre du fatum à faire de l’escalade. J’aime pô ça, j’ai la trouille, au fond chui qu’une pauvre petite chose fragile… J’ai pleuré….mais chui montée… et chui fière t’as même pas idée ! Peut-être même qu’un jour je recommencerai. Enfin doucement derrière, poussez pas, c’est pas pour demain non plus. (punaise en fait qu’est-ce que j’ai pleuré cet été ! Tu m’étonnes que je pisse moins ces temps ci !).

 

     Last but not least………………… pour toi juste là maintenant, un extrait de conversation nocturne chez Gwendo et La Morue :

 

-          Gwendoooooooooooooooo ?!

 

-          Quoi ?

 

-          Vas-y montre ton cul salope !

 

-          Elle a surgi, a baissé son pyj’ et est venu tourtiller son cul sous mon nez.

 

Putain, j’ai vu la raie de Gwendo !!!!!!!!

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