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06.07.2008

Le poids de l'an (e)

L’angoisse de vieillir semble gagner un certain nombre de mes camarades de jeux ces derniers temps.

J’ai, vendredi soir,  passé une soirée, très agréable au demeurant, avec une personne qu’un célibat récent portait à se poser un nombre invraisemblable de questions sur elle même. J’ai remarqué la récurrence de ses allusions à son âge et suis rentrée chez moi, moi-même nouvellement et relativement angoissée par le temps qui passe.

La trentaine semble tourmenter le/la parisienne, la trentaine célibataire est une tempête sous les crâne. Mais comment est-ce possible avec notre espérance de vie qui s’allonge de tenir à cette idée qu’il faudrait être rangé, en famille à cet âge somme toute bien jeune encore ?

Punaise en tout les cas mon ami, je vais avoir trente et un ans dans un mois,  20 jours et onze heures et Vindiou,  tu me crois si tu veux, je commence à me liquéfier de terreur.

Moi qui n’ai jamais eu ce type d’angoisse, j’ai même toujours eu hâte de grandir et de « maturer ».

Mais face à la vague qui gonfle autour de moi, je commence à ressentir le titillement de la remise en question.

Aïe, aïe,  aïe, je sens un picotement sur les pattes d’oie, je te laisse mon ami, faut que je file me faire injecter  du  botox !... A moins qu’au point où j’en suis de picoler, je  ne mette directement du formol dans mes mojitos ? Elle fait comment Lova moore ?

Commentaires

Ca arrive même aux autres d'avoir 30 piges. Moi même, qui approche de l'age du Christ, je me suis pose des questions le jour de mes 30 ans, me demandant si j'avais la vie que je méritais, et s'il n'était pas déjà trop tard pour bien faire...
Et bien non, tout vient a point a qui sait attendre, puisque je t'annonce déjà poulette que le 15 aout de l'année prochaine, tu es invitée a mon mariage. Et toc!

Ecrit par : nicolas | 06.07.2008

Quand je pense que notre blogonaute vivait tranquille le passage des ans jusqu'à ce qu'une conversation brise son doux équilibre mental quant à son vieillissement et la tournure à donner à son existence...! L'angoisse du passage des ans et tout son corollaire (ratages et autres foirages, rêves déçus, impatience que d'autres se réalisent, "suis-je vraiment épanoui(e)" et tout le tralala) touche tous les trentenaires avec plus ou moins de force selon leur situation. Cependant je note pour ma part que le poids des ans est une notion vicieuse selon que l'on appartient au sexe fort (en quoi on se le demande) ou au sexe faible (et non là je ne fais pas d'insinuation). C'est un peu comme la question de maths "piège" de CE2, à savoir, si 1kg de plume est plus léger ou pas qu'1kg de plomb... L'espérance de vie ayant beau s'être allongée, nous restons angoissés par les aléas de santé qui, même si l'on est sensés vivre 100 ans, ne manqueront pas de nous toucher vers 70 ans, ce qui fait que nos belles années ne se sont pas allongées, en fait, on résiste mieux et plus longtemps, et on n'est pas obligé de s'habiller en pépère/mémère dès 50 ans, c'est tout. Jusqu'ici les deux sexes sont à peu près égaux, mais selon moi il y a une chose que les femmes même les plus à même de crier, telles des Florence en pagne, leur "liberté de penser", ne peuvent contourner aisément, c'est la grosse horloge biologique en chêne massif qui gâche le décor, qui fait que même à coups de progrès médicaux, en gros, une fois tes 30 bougies soufflées, t'as 10 ans à tout casser pour faire des choix décisifs comme "se caser ou pas", "procréer ou pas", et c'est là que ça coince parce que si ta situation n'est pas "gérée", ben vue la vitesse à laquelle t'es passé(e) de l'insouciance de tes 20 ans à la crispation des maxillaires de tes 30 ans, t'as le feu au cul mais du genre qui t'apportera aucun plaisir lubrique à court terme. La société est majoritairement formatée, bien qu'elle s'en défende, et ceux qui n'empruntent pas la voie aisée tracée par les traditions, le conformisme social et autre, s'épanouissent peut-être dans la mesure où ils restent fidèles à eux-mêmes, mais paient le prix de l'angoisse car ils ne savent pas ce qu'ils trouveront au bout du chemin choisi, contrairement aux "casés". Face à l'inconnu de sa propre fin il a toujours été plus rassurant pour l'humain de s'illusionner en s'entourant de petits coussins mentaux protecteurs tels que "croyances", "job stable", "descendance", "assurance fauteuil roulant"... Celui qui choisit de vivre au présent, selon un mode de vie plus novateur, sans s'inscrire dans une génération précise, et sans recevoir la bénédiction des plus âgés que lui et des gens de son âge, le fait la peur au ventre, et/ou avec la triste assurance d'avoir à passer le restant de ses jours à se justifier. Cet avis n'engage que moi, évidemment. Mais cela explique à mon sens que les angoisses existentielles deviennent plus prégnantes entre 30 et 40 ans, jusqu'à nous plonger dans un profond désarroi. Bon, d'accord je n'ai pas arrangé l'ambiance.

Ecrit par : Grouick | 08.07.2008

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